Bienvenue à Labécède-Lauragais

Condensé historique réalisé par Jean Vialade à partir du recueil de madame Seguy

blason

I - ORIGINE DU NOM :
"La bène sita" (la bien située)
Selon l'abbé Sabarthez (Toponomie de l'Aude) : "Abictum" (lieu planté de sapins)
Selon A. Dauzat (les noms des lieux) : Bessede est un nom collectif gaulois de Bès (bouleau).
Le lauragais : terrain fort, terre de labours
D'où Labécède-Lauragais : "La bien située en terre de labours".
Différentes évolutions : 1228/ La Besseda - 1257/Apud Becedam - 1286/Betzeda - 1291/Castrum de Besceda - 1318/Besseta - 1441/La Beceda - 1443/Maria de Bécèda - 1461/La Bessete - 1791/La Becede.
II - POPULATION DE 1600 A NOS JOURS
Sur une superficie communale de 2039ha à l'origine, comprenant les hameaux de : La Garde, Les Brunels et Les Gourbels.
1718 - 64 feux + 37 métairies + 5 moulins soit environ 106 foyers
1789 - 159 feux
1818 - 1068 habitants pour 224 foyers
1820 - 1150 habitants
1833 - 1207 habitants
1875 - 723 habitants
1899 - 855 habitants
1910 - 504 habitants (suite à séparation avec La Garde, Les Brunels et Les Gourbels qui deviennent la commune des Brunels)
1921 - 339 habitants (effets de de la guerre de 1914/1918)
1993 - 320 habitants
2000 - 337 habitants
La répartition des habitants du moyen âge jusqu'en 1718 était : 1/3 en enceinte fortifiée du village, 1/3 hors enceinte (les versants Est et Sud jusqu'au pied de l'Argentouïre étaient construits), 1/3 fermes (30 fermes en 1994 dont 18 en exploitation).
III - ACTIVITES : Artisanat, commerces, cultures.
Artisanat/commerces : maçons, meuniers (5), bouchers, charpentiers, menuisiers, forgerons, tailleurs, cordonniers, cloutiers, maréchal, sabotiers, façon fagets d'ajoncs, fours de boulangers et de potiers. Après 1700 : tisserands, fileurs de laine, fabricant de cordelat (drap grossier), chapellerie, briqueterie, notaire, chirurgien/médecin (mis en place après épidémie de peste jusqu'en 1900).
 moulin
Moulin du Tort - Croquis de Jean-Marie Coillot
Les moulins : 5 à eau en activité en 1718 (moulins à grains ou pour énergie motrice pour activités industrielles ou artisanales), au moins 3 à vent (St Aurens, As Batuts et Bento Boly) - A noter que 7 moulins détruits lors des crues de 1636, 4 détruits aux crue de 1837 et 1 détruit aux crues de 1910 (Escandre).
Cultures/élevage : la vigne (toujours existé environ 13ha), les fraises (plants recueillis dans les forêts du Tarn repiqués en jardin et remplacés tous les 5ans. Cette culture des petites fraises a disparu aujourd'hui), fourrages, forêts, céréales (blé, orge, avoine, seigle et millet pour la population), chanvre, troupeaux (bovins, ovins et porcins gardés au village collectivement).
IV - SINISTRES IMPORTANTS
1627 à 1665 - épidémies de peste (1929 : 58 décès, mise en place d'un chirurgien à demeure - 1931 : 61 décès).
1510 - violents incendies dans le bas du village hors enceinte (*).
1690 - incendie généralisée, destruction des 3/4 des maisons, hors enceinte (*).
1710 - violents incendies : 50 maisons brûlées non rétablies.
1836, 1861, 1910 - violentes crues de l'Argentouïre.
1925 - incendie de 3 maisons au dessus du lavoir, non rebaties (placette actuelle).

village

Photos de Michel Vandercamère
Tragédie - guerre de 1914/1918 : 20 jeunes morts au front.
(*) - Le village du moyen âge comportait de nombreuses habitations hors enceinte, jusqu'au versants Est et Sud. Les habitations ont brûlé et ont été transformées en jardins en terrasses.
V - TENUE DES REGISTRES
De 1627 à 1792 : registres paroissiaux signés du prêtre ou du vicaire.
De 1792 à 1900 : registres d'état civil signés de l'officier d'état civil (Syndic ou maire).
Depuis 1627 existe un registre de délibérations consulaires communales consignant les évènements graves ou important et toutes les délibérations du comité consulaire (signature par le procureur du Roi).
VI - STATUT JURIDIQUE DE LABECEDE
a) - Régime seigneurial jusqu'en 1688
En 1222 - Pagan, seigneur de Labécède (Faidit cathare pris et brûlé en 1232).
En 1249 - les 4 consuls de Labécède prêtent serment au Roi à l'occasion de l'avènement du comte Alphonse, frère de Saint Louis.
Au 14ème siècle - seigneur de Labécède : Rigaud de Vaudreuille.
En 1539 - le famille Rigaud vend la seigneurie à Bertrand de Sabatery, procureur au parlement de Toulouse
Nota : En fait depuis la croisade des Albigeois en 1249, Labécède appartient :
1. Au comte Alphonse, frère de Saint Louis et mari de la princesse Jeanne, fille de Raymond VII, comte de Toulouse.
2. En 1271, Labécède appartient pour 1/4 au Roi de France et pour 3/4 au seigneur du lieu. Cette situation entraine de la part des habitants, un refus d'allégence au seigneur. Lignée des Sabatery : 1er consul 1627 et syndic 1631/1639, avant féodation, au Roi, de la commune. Lignée des Seneaux (1719/1790) par acte du 16 mai 1719, le château et les terres passent aux Seneaux.
3. A partir de 1688, il n'y a plus de vrai seigneur de Labécède, la commune inféodée au Roi Louis par lettres d'amortissement.
 sabatery
Maison Sabatery
b) - Communauté consulaire
A dater de 1688, le pouvoir administratif et judiciaire passe à la communauté gérée par un comité de consuls qui fût en lutte permanente avec la famille des Seneaux pour l'exécution des pouvoirs concédés par le Roi (en particulier : nomination des consuls, exercice de la justice, garde de la ville, droits de corvée. Le curé de Labécède prend partie pour la communauté contre Seneaux).
En 1697, la communauté bénéficie, au titre de l'inféodation au Roi, du droit de rendre haute et basse justice.
 VII - POUVOIRS COMMUNAUTAIRES EXERCES PAR LES CONSULS
Rendre la justice (acte royal de 1697).
Exercer les pouvoirs du Roi fixés par lettres royales d'amortissement de 1688. 20 lettres fixant pouvoirs et prérogatives .
Composition - 3 ou 4 consuls et un maire perpétuel (1698 : maire perpétuel - 1743 : 3 ou 4 consuls).
Exécutif consulaire - 1 ou 2 syndics, 1 sergent ou valet consulaire (robe rouge et bleur, bonnet rouge), 1 greffier.
Habit consulaire - Robe et chaperon rouge et noir.
 VIII - EPOPEES ET GUERRES CATHARES
1215 - Présence du diacre cathare Bertrand de la Mothe (fils de Guilhabert) et du patriarche cathare Gaulcem.
1222 - Guilhabert de Castres, évêque cathare du toulousain séjournait souvent à Labécède dans sa maison, sous la protection du seigneur du lieu, Pagan (qui était Faidit).
1227 - Prise du chateau "Castrum" (Castelas), qui défendait la porte fortifiée d'Amont, occupé par les cathares, par Humbert de Beaujeu, sénéchal de Carcassonne. Les cathares pris (6) fûrent brûlés. Pagan et de nombreux cathares purent s'enfuir.
1232 - Pagan, seigneur de Labécède, ainsi que 19 sectaires cathares revêtus, qui se cachaient dans les bois, fûrent pris par Raymond VII, comte de Toulouse et le nouvel évêque de Toulouse Fauga. Tous condamnés à mort et brûlés sur ordre du comte.
IX - PATRONNAGE
Notre Dame, La Vierge pour le village - La première église (type roman) du village s'appelait Notre Dame de Labécède. Fête votive du village le 08 septembre. En souvenir, la grosse cloche actuelle s'appelle "Marie" datée 1882.
Saint Orens pour les fermes - Voir la légende de St Orens, berger devenu évêque (Canne de berger plantée en terre : quand cette canne fleurira, Orens évêque sera).
X - LES NOBLES DE LABECEDE
1222 - Séjours épisodiques de Guilhabert de Castres, évêque cathare, sous la protection du seigneur de Labécède Pagan, lui-même Parfait.
1232 - La seigneur Pagan est pris avec d'autres cathares et brûlé vif.
14ème/15ème siècle - Les Rigaud de Vaudreuille sont seigneurs de Labécède. Noblesse chevaleresque, possédant 20 seigneuries. Rôle important pendant les guerres de religion. Famille qui a donné à la France deux gouverneurs du Canada (Philippe 1703/1727 et Pierre 1755/1760).
Première moitié du 16ème siècle - Vente de la seigneurie de Labécède par les Rigaud à Bertrand Sabatery, procureur général au parlement de Toulouse (propriété 11/16 pour le seigneur et 5/16 pour le Roi). A noter, selon les archives locales, les habitants de Labécède ne voulurent jamais reconnaitre d'autre seigneur que le Roi. Position s'appuyant sur le fait qu'après la croisade des Albigeois, Labécède appartient au comte Alphonse, frère de Saint Louis, époux de la comtesse Jeanne, fille de Raymond VII, comte de Toulouse.En 1271, à leur mort, Labécède appartient au Roi pour 1/4 (Quarta parte).
1539 - Présence des Sabatery, seigneur de Labécède, voir leurs armoiries sur la porte de l'ancienne maison Bousquet datée de 1583.
1627 - Un Sabatery figure comme 1er consul de Labécède et comme syndic de 1631 à 1639.
A partir de 1627 - Présence de la famille Seneaux à Labécède jusqu'en 1790. C'est avec cette famille que les litiges les plus aigus se sont en permanence manifestés. Les divers membres de cette famille qui se sont succédés à Labécède cherchèrent toujours à rétablir le pouvoir seigneurial au détriment de l'administration consulaire (litiges portant surtout sur l'exercice de la justice, nomination des consuls, garde de la ville, privilèges et honneurs). Ils seront chaque fois déboutés lors des procès avec la communauté. A noter, l'appui du curé de Labécède à la communauté; lui-même refusait les honneurs particuliers à la famille Seneaux à l'église.
1789 - Vente du château au seigneur Gailliassou (comme bien national) qui était officier municipal à la révolution. La veuve et ses descendants (la famille Bastouil) conserveront la propriété jusqu'en 1839.
1839 - Vente du chateau à monsieur De Carayon Latour, bienfaiteur du village avec sa femme. Le château sera ensuite légué à leur nièce madame De Barbot. Transformation du château vers 1900 (devise : Faire pla e daissa dire). Mort du vicomte De Barbot en 1966.
1966 - Vente du château à la famille Naudy.
1971 - Vente du château à la famille Gabolde.
1987 - Achat du château par la famille Ricard.
2000 - Achat du château par M & Mme Chauvet-Fougoux.
 chateau
Vue sur le chateau par Serge Lalet
 XI - VIE MATERIELLE
Four banal : en 1724 existait un four banal qui s'affermait par enchères en juin (vente du droit de pelle au plus offrant).
Fontaine du Théron : fontaine à l'usage des habitants jusqu'en 1858 (le Castelas et le château étaient desservis par une conduite amenant l'eau de la source d'En Gay - du ruisseau du même nom - Réseau ayant fonctionné jusqu'à la dernière guerre 39/45). Deux fontaines existent encore devant le Castelas et dans la rue de la mairie.

fontaine

Fontaine du Théron - Croquis de Jean-Marie Coillot
Pressoir public : a existé jusqu'en 1960 et se trouvait dans un local situé près de la salle des fête.

pressoir

Ancien pressoir
Pesage public : réalisé en 1911, toujours en état.
Ferrage des bêtes : machine à ferrer qui a disparu et qui se trouvait dans un premier temps place de la Brèche, puis dans un deuxième temps, près de l'actuelle salle des fêtes.
Moulins : derniers moulins détruits en 1837 et 1910 par des crues importantes de l'Argentouïre. Vestiges du moulin à vent de St Orens et des moulins à eau d'Escandre, Pantoy et Théron. Belles meules au moulin du Tort.
Bureau de poste : vers 1902 avec le télégraphe/téléphone ves 1909.
Alimentation en eau : raccordement du village à la source de la Garrigue en 1858, avec mise en place de fontaines (maire Mellix). Distribution aux habitations à partir de 1833. Réalisation du lavoir en 1864 (don de la famille De Carayon Latour).

lavoir

Lavoir - Croquis de Jean-Marie Coillot
A noter : M et Mme De Carayon Latour sont les bienfaiteurs de Labécède (Octroi d'un prêt pour réliser le chemin communal vers Revel dit chemin vieux. Construction du lavoir. Vente du bâtiment de la mairie/école qui appartenait au château. Cession d'un grand jardin pour édifier le presbythère actuel, l'ancien presbythère constituant l'aile Est du Château - voir la croix sur la porte d'accès côté école).

FIXES PAR LETTRES ROYALES D'AMORTISSEMENT DE 1688
1. La seigneurie du lieu appartient au Roy.
2. Les consuls exercent la justice criminelle jusqu'à la sentence.
3. Responsabilité des murailles de la ville, portes et prisons.
4. Apposition des marques Royales (fleurs de lys sur portes et places).
5. Elections consulaires au lendemain de la fête de Pentecôte.
6. Nommination des marguilliers et bailles : 4 le jour de la fête de la trinité (gestion des fêtes religieuses, pain béni et offrandes).
7. Juridiction civile et police des consuls : police de la ville, causes civiles, salaires des valets, dégâts aux fruits et récoltes.
8. Punition des blasphémateurs : proclamation publique pour la fête de st Orens.
9. Estimation des fraudes (2 contrôleurs) visiter et taxer le pain, viande, huile et comestibles
10. Faux poids et fausses mesures.
11. Création d'un poste de sergent.
12. Création d'un poste de greffier.
13. Garde de la ville : garde des clefs, visite des muraille, réparation, commande du guet.
14. Proclamations diverses.
15. Droits de messeguerie au plus offrant.
16. Désignation des foires et marchés (foires St Pierre en février, St Paul en juin et St Orens en mai) - Un marché tous les mercredis.
17. Liberté de chasse (sauf bêtes rouges et noires).
18. Liberté de pèches et de pigeonniers.
19. Exemptions de certains péages.
20. Affermement des boucheries.
21. Affermement du pré communal.
22. Jouissance des biens communaux nobles (terres royales).
23. Maison commune pour l'assemblée des consuls.
24. Propriété des fossés de la ville.
25. Albergue au Roy (impôt en échange de la jouissance des droits et terres).
26. Affermage du four banal.
27. Gestion des metrairies.
28. Gestion et rente de l'hopital.
29. Gestion et rente des dépendances de l'hopital.

 1. Le carillonneur sonnait les offices, le glas des morts, le tocsin et la sonnerie particulière pour les orages et bien entendu l'angélus et midi. Il était payé en nature par les métayers et habitants des fermes (Oeufs, grains etc. ...).
2. La grosse cloche baptisée "Marie" possède la propriété de chasser l'orage, grâce à la puissance  des vibrations sonores du "ré". A l'approche des orages, surtout pendant la période de formation et de mûrissement des récoltes, le carillonneur, qui était un personnage important, devait carillonner selon un code de sonneries qui reproduisait la tonalité "va t'en loin" et était, selon les dires, très efficace pour chasser les orages de grêle.
3. Dernière famille de carillonneurs connus : Famille Pouilles jusque dans les années 1960.

Depuis 1249, prestation de serment au Roi sur la bible.

3 ou 4 consuls plus un maire perpétuel de 1698 à 1743 - Robe et chaperon rouge et noir
1 ou 2 syndics, remplacés plus tard par un procureur fiscal. Contrôle par le procureur du Roi qui assiste aux délibérations et signe le registre.
Sergent ou valet consulaire - robe rouge et bleue, bonnet rouge.
Greffier -soit désigné accasionnellement en séance ou assuré par le notaire royal, substitut du procureur.
Garde champêtre remplace le sergent.
Notables ou conseillers politiques - 3 classes chargés de la délivrance du livre de la "taille".

Maire perpétuel : 1698 - 1743 Cournac
Rôle des consuls : Prudhommes - Renouvellement annuel depuis 1249 sauf pour le 1er consul (ou maire) - Assurent la gestion communale et les délibérations publiques - Le 1er consul informe l'assemblée villageoise, seul envoyé en mission.
Les syndics : Aident les consuls à administrer la commune - Depuis 1738, 2 syndics (un forain pour les métairie et un communal pour le village) - En 1751, un procureur fiscal remplace le syndic forain. Les syndics sont nommés en séance par les consuls et les notables (30 à 47).
Procureur du Roi : A côté des consuls et des syndics se trouve le procureur du Roi qui assiste aux délibérations et signe le registre.
Les notables - Conseillers politiques : De 1627 à 1629, 30 à 47 notables, remplacés en 1727 par 12 conseillers politiques.

Tenue des délibérations

Soit sous la place publique couverte, soit dans le corps de garde de la place, soit dans l'église. Plus tard dans la maison commune.
Le dimanche dès 08h00 ou l'après midi. Avertis par son de trompe et à partir de 1731 par le valet consulaire. Les consuls, syndics, procureur royal viennent au lieu de la réunion où ils retrouvent les notables remplacés plus tard par les conseillers politiques élus annuellement.

Résumé du livre de madame Séguy par Jean Vialade
1 - Premier château (Castrum)
Ancien castrum du moyen âge, le "Castelas" (ou château de Villemagne) était contigu à la porte fortifiée d'Amont et aux remparts qui, à l'époque, possédaient trois tours côté amont. Voir ce passage en voûte existant dans le mur d'enceinte.

porte castelas
 Détail de la porte du Castelas
La porte dite "Du Castelas", classée monument historique, face à l'église, date de la renaissance.
2 - Deuxième château "La Citadelle"
Existant avant le XVème siècle au centre du village, il occupait un site important, allant du château actuel jusqu'à la maison maintenant rénovée où subsiste une tour d'angle dominant le village au SE (L'ensemble appelé "La Citadelle").

tour chateau
  Tour du château
Le château contemporain a été remanié en style renaissance, sur l'emplacement de ce qui subsistait de l'ancien château du XIV et XV, vers 1900, par la famille De Barbot. (Devise sur le fronton du château : "faïre pla e daissa dire").
Subsiste de la citadelle, une très vieille maison comportant une porte voutée en cintre qui porte le blason des "Sabatery" daté de 1583 (ex maison Bousquet).
sabatery 

Maison Sabatery
3 - Porte d'Amont (Remparts, Croix discoïdales)
Porte d'accès amont fortifiée surmontée d'une salle de garde.
porte amont 

Porte d'Amont
Une fraction de 50 mètres environ des anciens remparts subsiste ; sur le glacis rocheux une croix discoïdale a été installée. (deux autres croix discoïdales existent : une en mairie, l'autre à l'angle SE du cimetière).

rampart

 Rampart et croix
4 - L'église
L'église actuelle, de style gothique, a été érigée en 1880-1881, suite à un voeu des habitants de Labécède prononcé en 1870. Cette église est batie sur les fondations de l'ancienne église romane datant du moyen âge et appelée "Notre Dame de Labécède". Entre autres, on y trouve un reliquaire de Saint Roch en argent.

eglise

 Eglise croquis JM Coillot
Les cloches : la 1ère de 1066kg, date du 13 février 1881, s'appelle "Marie" et est accordée en "ré". La 2ème de 531kg, date du 07 septembre 1902, a pour parrains le vicomte et la vicomtesse De Barbot et est accordée en "fa dièse".
5 - Ancienne tour prison
Située à l'angle de la place de la Brèche, propriété de monsieur Cros Robert.
6 - Théron
Pont en pierre datant de 1840 emporté plusieurs fois par l'Argentouïre, car à l'origine, il était en bois.

pont theron

 Pont du Théron
Porte de l'évêque : passage avec escalier entre deux pans de murs ; la voûte de couverture a disparue suite à écroulement.
Moulin à eau, propriété Massot dont il ne subsiste que 2 meules.
Fontaine du moyen âge, utilisée jusqu'en 1858, qui recevait l'eau de la source de la Garrigue.
fontaine theron 

Fontaine du Théron

7 - Rives de l'Argentouïre

cascade

Cascade près de la propriété Fournier.

Ancienne tour de guet dominant la cascade.
Moulins (vestiges) :
Pantoy (eau) près de la cascade,
Escandre (eau) après la cascade,
Du Tort (eau) route des Brunels, reste 4 meules,
Saint Aurens (vent) au-dessus du moulin Escandre sur le même chemin de service regoignant le village par les batuts.
8 - Le lavoir communal
Edifié en 1864 grâce à un don de Madame De Carayon Latour. Construit à l'emplacement de l'ancienne porte d'Aval démolie à cet effet.

lavoir

9 - Maison des métiers et coutumes d'antan
Réalisé depuis 1990 et géré par l'association "Patrimoine", occupe des locaux (3 salles) à l'étage de la mairie, accès par le préau.

Références :
(1) - L'inquisition de Jean Guiraud.
(2) - La croisade des albigeaois de Pierre Belperron.
(3) - Histoire du Languedoc de Dom Vayssette.
(4) - Cahiers d'études cathares de Déodat Roché.
(5) - Donjons et castels au pays des cathares de Mme Coincy St Palais.
(6) - Le drame albigeois et le destin français de Jacques Madaule.
(7) - l'épopée cathare 1ère partie de Michel Roquebert.
(8) - Le bûcher de Monségur de Zoé Oldenbourg.
(9) - Les cathares diocèses : Albi, Toulouse, Carcassonne, Razès de Arno Borst (page 18, 198 et 199).
Tous les auteurs ayant étudié l'époque cathare ont parlé de l'importance du village dans cette période :
1215 présence, à La Bessède, du diacre cathare (1) Bernard de la Mothe, qui demeure très souvent chez Guilhabert de Castres, dont il est le fils majeur, tous deux sont signalés, vers 1252 à Montségur dans des "ordinations solennelles" (4).
La même année, le vénèrable patriarche Gaulcem avait reçu à La Bessède l'hospitalité, laissée aux soins de son coadjuteur Guilhabert de Castres (5).
Bernard de la Mothe élevé à la dignité épiscopale en 1215, fut évêque de Toulouse, alors que Gaulcem exerçait cette fonction : le diocèse de Toulouse eut alors deux évêques.
Le parfait Guilhabert de Castres, devenu évêque cathare du toulousain demeure dans sa maison, à La Bessède, sous protection de Pagan, seigneur du lieu et de Trèsemine de Roqueville. Il reçoit Guiraud de Goudron, diacre de Caraman, cousin de Bertrand Othon de Niort (4).
1226 : Arnaud Baro, familier des seigneurs croyants de St Michel de Lanès où il était chapelain "quoique prêtre dit son dénonciateur ; il mangeait chez les parfaits de La Bessède, et parfois en invitait à sa table. (7 p. 145)
Vers 1220 à 1243, Guillaume Vital, diacre de La Bessède, aide d'une inlassable activité prédicante dans tout le Lauragais, le chevalier parfait Bernard de Mayreville ; signalé aussi, en 1231, sous le nom de Guillaume Vitalis.
Siège de 1227, Humbert de Beaujeu, sénéchal de Carcassonne, qui commandait l'armée du Roy de France, mit le siège devant le château de La Bessède, en Lauragais, l'une des principales places de la contrée, pendant l'été de l'an 1227. Pons de Velleneuve et Olivier de Termes commandaient la place pour le comte de Toulouse.
L'archevêque de Narbonne et l'évêque Foulques de Toulouse marchèrent au secours d'Humbert de Beaujeu, qui après avoir fait une brèche suffisante se prépara à donner l'assaut ; mais les assiégés, voyant qu'ils n'étaient pas en état de résister, s'enfuirent pendant la nuit pour la plupart ; les autres furent passés au fil de l'épée ou assommés à coup de pierre, par les français.
L'évêque de Toulouse tâcha, autant qu'il put, de sauver la vie aux femmes et aux enfants de ce lieu qui étaient de son diocèse ; mais on ne fit aucune grâce à Gérard de la Mothe, diacre hérétique et à ses partisans, qui furent tous pris et brûlés vifs.
Dans le vallon de l'Argentouyre, un peu avant le pont du Théron qui donnait l'accès à l'ancienne fontaine du même nom, une porte voutée dans la muraille, du côté gauche, existait, il y a peu d'année encore. La tradition locale a toujours dénommé cette porte : la porte de l'évêque.
Pour les labécèdois, Foulques de Marseille, évêque de Toulouse, était "l'évêque des diables".
Par le traité du 12 avril 1229, Raymond VII promet de remettre au Roy de France, le château narbonnais de Toulouse ainsi que 8 châteaux, dont celui de La Bessède (2 p.391).
1230, des incidents significatifs prouvent qu'une fermentation agite le pays. Un chevalier français, André Cholet qui avait été sénéchal du Roy en toulousain, poursuivant des hérétiques dans les bois de La Bessède, tombe au retour dans une embuscade et est assassiné (2 p.400) (Cholet, dénommé aussi Chauvet ou Calvet).
1231, "les hérétiques" tenaient une réunion à La Bessède, sous la protection du puissant seigneur Pons de Saint Michel ; un clerc, Guillaume Raymond avait à la main un livre dans lequel il lisait et les hérétiques expliquaient dans leur prêche ce qu'il lisait. Ce livre était le Nouveau Testament (1 p.152).
Mention de Guillaume Vitalis, diacre hérétique de La Bessède ; il y prêcha sur la passion de Jésus Christ, et R..... notaire de La Bessède lut cette passion dans les livres saints pour l'instruction des auditeurs (1 p.153) et (3 p.1238).
1232, Payen ou Pagan, seigneur de La Bessède qui était faidit pris par Raymond VII, comte de Toulouse et le nouvel évêque de Toulouse, Raymond du Fauga. Ils prirent dans une nuit 19 sectaires, tant hommes que femmes, de ceux qu'on appelait revêtus, lesquels s'étaient caché dans les montagnes. Condamnés à mort, Pagan lui-même parfait, et brûlés, sur ordre du comte (2 p.401).
Un diacre de Caraman, Guiraud de Gardo, parcourait les routes lauragaises et s'arrêtait, de préférence à La Bessède, chez le diacre du lieu, Guilhem Vidal.
1233, Guilhaume Arnaud, originaire de Montpellier, frère prêcheur dominicain de Toulouse, nommé avec Pierre Seila, riche bourgeois de Toulouse comme premiers inquisiteurs, le 27 juillet 1233, visitent Castelnaudary, Laurac, St Martin-Lalande, Gaja, Villefranche, La Bessède, Avignonnet, St Félix, Fanjeaux, à la recherche des hérétiques (8 p.294).
Les parfaits tenaient des réunions secrètes, vers 1255 à Verdun, et à La Bessède, dans la forêt de Migrana (1 p.294).
La Bessède "le parfait Arnaud Jougla, installé vers 1205, élève dans l'hérésie ses deux fils ; l'un deux ; Pierre, fut à son tour, parfait, durant six ans, et sa femme Ava parfaite;"
Sont attestés, avant la croisade, les parfaits Raymond de Recaud (qui abjura vers 1215) et Pierre Guilhem fils lui-même d'une parfaite, ainsi qu'une importante communauté de femmes ; Munda et sa soeur, Braida, Raymonde Terrena (réconciliée plus tard par Foulques) Arnaude Sicarde et Peronne Caudeira, les soeurs Alazaïs et Guilhème Bruguières et Rossa, tante de Pons Amiel, notaire de Mireval, laquelle faisait l'éducation des jeunes filles.

Le maire assisté de 5 officiers municipaux (désignés par les citoyens actifs de la commune).
Le procureur syndic désigné annuellement, assiste aux séances et signe le registre.
Les notables au nombre de 12, élus annuellement par les habitants.
L'officier public chargé de la rédaction des actes d'état civil (élu).
Le valet communal ou garde champêtre remplace le valet consulaire.
Gardes aux récoltes : occasionnels.
Garde aux cochons : pour le village, sur le patis communal (zone actuelle Tilleuls/boules/ormeaux)
Nota : Pendant la période révolutionnaire, Labécède devient chef lieu de canton de 1790 à 1800, comportant : Peyrens, Tréville, Lapommarède, Issel, Puginier, Villenouvelle, Lagraoulet.

 

Depuis 1249, prestation de serment au Roi sur la bible.

3 ou 4 consuls plus un maire perpétuel de 1698 à 1743 - Robe et chaperon rouge et noir
1 ou 2 syndics, remplacés plus tard par un procureur fiscal. Contrôle par le procureur du Roi qui assiste aux délibérations et signe le registre.
Sergent ou valet consulaire - robe rouge et bleue, bonnet rouge.
Greffier -soit désigné accasionnellement en séance ou assuré par le notaire royal, substitut du procureur.
Garde champêtre remplace le sergent.
Notables ou conseillers politiques - 3 classes chargés de la délivrance du livre de la "taille".

Maire perpétuel : 1698 - 1743 Cournac
Rôle des consuls : Prudhommes - Renouvellement annuel depuis 1249 sauf pour le 1er consul (ou maire) - Assurent la gestion communale et les délibérations publiques - Le 1er consul informe l'assemblée villageoise, seul envoyé en mission.
Les syndics : Aident les consuls à administrer la commune - Depuis 1738, 2 syndics (un forain pour les métairie et un communal pour le village) - En 1751, un procureur fiscal remplace le syndic forain. Les syndics sont nommés en séance par les consuls et les notables (30 à 47).
Procureur du Roi : A côté des consuls et des syndics se trouve le procureur du Roi qui assiste aux délibérations et signe le registre.
Les notables - Conseillers politiques : De 1627 à 1629, 30 à 47 notables, remplacés en 1727 par 12 conseillers politiques.

Tenue des délibérations

Soit sous la place publique couverte, soit dans le corps de garde de la place, soit dans l'église. Plus tard dans la maison commune.
Le dimanche dès 08h00 ou l'après midi. Avertis par son de trompe et à partir de 1731 par le valet consulaire. Les consuls, syndics, procureur royal viennent au lieu de la réunion où ils retrouvent les notables remplacés plus tard par les conseillers politiques élus annuellement.

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4 rue de la Mairie 11400 Labécède-Lauragais


04 68 60 41 03